
Le projet vise à augmenter la capacité de l’usine de traitement d’Atuabo à 300 millions de pieds cubes standards par jour.
Le gouvernement ghanéen a approuvé les plans du ministère de l’Énergie et de la Transition verte visant à développer une deuxième usine de traitement du gaz dans le pays. Ce projet s’inscrit dans une démarche d’optimisation des 2,1 trillions de pieds cubes de ressources gazières du Ghana pour soutenir l’électrification et l’industrialisation. Développé en partenariat avec le ministère des Finances, ce projet vise à résoudre les défis énergétiques fondamentaux du pays en renforçant la sécurité de l’approvisionnement grâce à des solutions de transformation du gaz en électricité.
La Chambre Africaine de l’Énergie (AEC), qui représente le secteur énergétique du continent, salue l’engagement du gouvernement ghanéen à exploiter pleinement le potentiel de ses ressources gazières. L’AEC considère le gaz comme le carburant de l’avenir pour l’Afrique, et à travers son développement d’infrastructures gazières, le Ghana pose les bases d’une sécurité énergétique accrue et d’une électrification renforcée. Avec cette deuxième usine de traitement du gaz, le pays pourra intensifier sa production d’électricité et l’utilisation du gaz sur l’ensemble du territoire, ouvrant la voie à un avenir plus prospère en Afrique de l’Ouest.
Vers un hub pétrolier régional en Afrique de l’Ouest
Actuellement, le Ghana ne dispose que d’une seule usine de traitement du gaz, située à Atuabo, dans le district d’Ellembelle, à l’ouest du pays. Cette installation produit du gaz combustible, du gaz de pétrole liquéfié (GPL) et des condensats, avec une capacité de 150 millions de pieds cubes standards par jour (mmscf/j). Le gaz traité est acheminé vers les installations de production d’électricité et utilisé à des fins industrielles non énergétiques à un tarif subventionné.
Avec l’ajout d’une seconde unité de traitement sur le site d’Atuabo, la capacité de production gazière du pays doublera pour atteindre 300 mmscf/j. Cette expansion jouera un rôle clé dans la valorisation du gaz issu des champs pétroliers offshore, notamment ceux de Jubilee et TEN, où l’opérateur Tullow Oil prévoit d’augmenter la production. Le projet Jubilee South East, lancé en 2023, a permis d’atteindre une production de 95 000 barils par jour sur le champ Jubilee. Un plan est en cours pour améliorer la gestion du gaz sur le FPSO du champ TEN, et un programme de forage est prévu pour 2025-2026 avec le percement d’un puits producteur et d’un puits injecteur. Grâce à cette capacité de traitement accrue, le Ghana pourra mieux utiliser son gaz domestique, réduire le torchage et améliorer l’efficacité énergétique globale.
Un projet aligné sur les objectifs énergétiques du Ghana
Cette expansion s’inscrit dans le cadre des ambitions énergétiques plus larges du pays, qui prévoit le développement de 17 projets pétroliers et gaziers d’ici 2027. En augmentant sa capacité de traitement du gaz, le Ghana se positionne pour répondre à la demande croissante en énergie industrielle et électrique tout en renforçant son rôle dans la transition énergétique africaine.
S’exprimant lors d’une conférence de presse début mars, le ministre ghanéen de l’Énergie et de la Transition verte a confirmé que le gouvernement a validé le projet de la deuxième usine de traitement. Il a souligné que cette infrastructure jouera un rôle clé dans le renforcement de la sécurité énergétique du pays, précisant que le Ghana a besoin de 700 millions de dollars de carburant pour couvrir sa demande locale.
« En donnant la priorité aux infrastructures gazières, le Ghana ne se contente pas d’augmenter sa capacité de production : il pose également les bases d’une croissance future dans le secteur pétrolier et gazier. Le pays devient rapidement un modèle pour les nations africaines cherchant à tirer parti de leurs ressources énergétiques pour stimuler la croissance économique. Avec cette deuxième unité de traitement, le Ghana est en passe de devenir un hub pétrolier régional en Afrique de l’Ouest », a déclaré NJ Ayuk, président exécutif de l’AEC.