
Le Nigeria, l’Angola et le Ghana ont versé leurs parts de capital à la Banque de l’Énergie Africaine, renforçant ainsi son rôle dans le financement du secteur énergétique. Des discussions clés sur ce sujet auront lieu lors de la Semaine de l’Énergie Africaine 2025 : Investir dans les Énergies Africaines, qui se tiendra au Cap.
Dans une avancée majeure pour le secteur énergétique africain, le Nigeria, l’Angola et le Ghana ont rempli leurs engagements en capital pour la création de la Banque de l’Énergie Africaine (AEB). Cette étape représente 44 % du financement minimum requis de la part des membres de l’Organisation des Producteurs de Pétrole Africains (APPO) pour lancer les opérations de la banque. Dr. Omar Farouk Ibrahim, Secrétaire Général de l’APPO, a annoncé cette progression lors du Forum sur l’Énergie et l’Investissement au Congo la semaine dernière.
L’AEB vise à financer des projets pétroliers et gaziers à travers le continent, répondant ainsi aux défis de financement liés à la réticence des institutions financières occidentales à soutenir les initiatives fossiles pour des raisons environnementales. L’APPO a demandé à chacun de ses 18 États membres de contribuer à hauteur de 83 millions de dollars, visant une capitalisation initiale totale de 5 milliards de dollars. Outre le Nigeria, l’Angola et le Ghana, cinq autres pays – l’Algérie, le Bénin, la République du Congo, la Guinée équatoriale et la Côte d’Ivoire – se sont engagés à effectuer leurs paiements, en ligne avec l’objectif de la banque de démarrer ses opérations au premier semestre 2025.
Un soutien clé pour les grandes économies pétrolières africaines
Le Nigeria reste le plus grand producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne, offrant des opportunités significatives dans le secteur des hydrocarbures, notamment avec un cycle d’octroi de licences prévu en 2025. La mise en œuvre du Petroleum Industry Act a introduit des réformes réglementaires visant à accroître la transparence et à attirer les investissements, stimulant ainsi de grands projets. Parmi les décisions finales d’investissement récentes, on trouve le projet de développement du champ gazier Ubeta de TotalEnergies (550 millions de dollars) et le projet Bonga North de Shell (5 milliards de dollars). Toutefois, des financements supplémentaires restent cruciaux pour développer l’agenda gazier du Nigeria et libérer son plein potentiel dans la transition énergétique.
L’Angola, de son côté, diversifie activement son portefeuille énergétique tout en poursuivant le développement de grands projets en eaux profondes, comme le projet Kaminho de TotalEnergies (6 milliards de dollars) et l’initiative Agogo Integrated West Hub d’Eni. Le pays prévoit également une décision finale d’investissement pour son premier projet d’hydrogène vert d’ici 2025, un développement de 600 MW mené par Sonangol en partenariat avec des acteurs internationaux. En parallèle, l’Angola lance son premier projet de gaz non associé, le New Gas Consortium, et investit 12 milliards de dollars dans l’expansion de son usine de GNL, Angola LNG, afin d’optimiser la monétisation de ses ressources gazières.
Le Ghana consolide sa position en tant qu’acteur majeur du secteur pétrolier et gazier, avec de nouveaux engagements de la part d’Eni et de Tullow Oil. En mars, Eni et la Ghana National Petroleum Corporation ont signé un accord pour renforcer l’exploration offshore, optimiser les actifs existants et développer des réserves inexploitées. Cet accord fait suite à des réformes réglementaires récentes visant à améliorer les conditions fiscales, la transparence et les incitations à l’investissement. De son côté, Tullow Oil reste un acteur clé du secteur énergétique ghanéen, avec une production issue des champs Jubilee et TEN qui soutient la croissance économique. La société prévoit également de lancer un programme de forage en mai 2025 pour stimuler la production. Par ailleurs, le Ghana modernise ses infrastructures, étend l’accès à l’énergie et se diversifie dans les énergies renouvelables afin de renforcer sa sécurité énergétique à long terme.
Une institution stratégique pour le financement énergétique africain
Dans ce contexte, la création de l’AEB constitue une réponse stratégique au besoin de l’Afrique de disposer d’institutions financières dédiées, capables de comprendre les spécificités énergétiques du continent. En proposant des solutions de financement adaptées, la Banque devrait accélérer le développement de projets énergétiques, renforcer la sécurité énergétique et stimuler la croissance économique. À mesure que d’autres pays versent leur part de capital, l’AEB est appelée à jouer un rôle clé dans le déblocage des investissements, la réduction des lacunes en financement et l’expansion durable du secteur énergétique africain.
Avec les contributions du Nigeria, de l’Angola et du Ghana, l’AEB gagne en importance en tant qu’institution financière centrale pour l’avenir énergétique du continent. La Semaine Africaine de l’Énergie 2025 : Investir dans les Énergies Africaines, qui se tiendra du 29 septembre au 3 octobre au Cap, servira de plateforme essentielle pour approfondir les discussions sur le rôle de l’AEB dans la mobilisation des investissements et la réduction des obstacles au financement. Cette conférence abordera des thèmes stratégiques tels que l’exploration et la production pétrolière et gazière, les infrastructures en aval, la transition énergétique et l’évolution du secteur électrique. Notamment, AEW 2025 comprendra une scène dédiée au financement énergétique, où seront présentées les dernières mises à jour de l’AEB, les tendances en matière d’investissement et les stratégies visant à faciliter l’accès au capital, garantissant ainsi une croissance énergétique durable en Afrique.
AEW : Investir dans les Énergies Africaines est devenue la plateforme de référence pour les opérateurs de projets, les financiers, les fournisseurs de technologies et les gouvernements, et s’impose comme l’événement incontournable pour conclure des accords dans le secteur énergétique africain. Plus d’informations sont disponibles sur www.AECWeek.com.