
Grâce à la privatisation, aux coentreprises et au financement du développement, les entreprises pétrolières nationales de l’Afrique font progresser les projets pétroliers et gaziers.
Les entreprises pétrolières nationales africaines (NOCs) renforcent le développement de projets grâce à des stratégies de financement innovantes
Les entreprises pétrolières nationales africaines (NOCs) exploitent des stratégies de financement innovantes pour faire progresser les projets pétroliers et gaziers, assurant ainsi un investissement continu malgré les fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie. Grâce à des stratégies variées telles que la privatisation, la cession d’actifs, les émissions obligataires, le financement du développement et les prêts adossés aux ressources, les NOCs renforcent non seulement leur capacité financière, mais se positionnent également en tête du développement pétrolier et gazier en Afrique.
La conférence Africa Energy Week : Invest in African Energies 2025, qui se tiendra du 29 septembre au 3 octobre à Cape Town, explorera l’impact de ces stratégies sur le paysage des hydrocarbures du continent. Rassemblant des financiers mondiaux, des institutions de développement, des opérateurs étrangers et des NOCs, cet événement ouvrira la voie à une nouvelle vague de financement pour l’énergie en Afrique.
Privatisation et Cession d’Actifs
La privatisation et la cession d’actifs sont devenues des outils essentiels pour les NOCs africaines afin de rationaliser leurs opérations et attirer des capitaux privés. En vendant des participations dans des actifs non essentiels et en privatisant partiellement, les NOCs récoltent des capitaux nécessaires pour soutenir leurs projets pétroliers et gaziers. Sonangol, en Angola, a par exemple réaffirmé son plan de lancer une offre publique initiale (IPO), avec 30% des actions de l’entreprise devant être mises à disposition. Cette IPO fait partie de l’initiative plus large Propiv, menée par le gouvernement, visant à réformer l’économie vers un marché libre. L’initiative rendra publics 11 des processus de Sonangol par des appels d’offres publics, des appels d’offres limités et des IPOs.
Émissions Obligataires et Financement par le Marché des Capitaux
Les NOCs africaines déploient une gamme diversifiée de stratégies de financement pour garantir l’investissement continu dans les projets pétroliers et gaziers. Face à la nécessité de financements à long terme pour des projets, les gouvernements et les NOCs se tournent vers les marchés de capitaux internationaux, en émettant des obligations pour lever des fonds pour des projets de grande envergure. Les émissions obligataires en provenance d’Afrique ont dépassé les 14,8 milliards de dollars au premier trimestre 2024, les entreprises et gouvernements africains accédant au marché obligataire international. L’Africa Finance Corporation a agi en tant que coordinateur mondial pour l’émission d’une obligation en dollars domestiques du gouvernement nigérian en 2024, levant ainsi 900 millions de dollars. Cette émission, qui a connu une sursouscription de 180%, témoigne de la forte confiance des investisseurs nationaux. Le Nigéria a également émis un Eurobond de 1,7 milliard de dollars en décembre 2024, qui a été sursouscrit cinq fois.
Coentreprises
Les coentreprises (JV) se sont avérées être des stratégies efficaces pour les NOCs afin de lever des fonds, de tirer parti de l’expertise technique étrangère tout en partageant les risques financiers des projets pétroliers et gaziers. La Ghana National Petroleum Corporation (GNPC) s’est engagée à poursuivre des coentreprises innovantes avec Eni en 2025 et au-delà pour accélérer les projets pétroliers et gaziers. Les plus grands champs pétrolifères du pays, Jubilee et TEN, ont été développés grâce à une JV entre la GNPC, Kosmos Energy, Petro SA et Jubilee Oil Holdings. Les coentreprises ont également servi de levier pour le développement pétrolier et gazier libyen. Mellitah Oil & Gas, une JV entre la NOC libyenne et Eni, a produit 403 000 barils par jour (bpd) en 2024, tandis que Akakus Oil Operations, une JV entre la NOC et Repsol, a atteint une production record en 2025 avec 306 000 bpd.
Financement du Développement et Prêts Adossés aux Ressources
Le financement du développement et les prêts adossés aux ressources sont devenus des mécanismes de financement essentiels pour les NOCs, notamment en raison de l’accès de plus en plus difficile au capital privé pour les projets pétroliers et gaziers. La Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) a utilisé des prêts adossés au pétrole pour augmenter son bilan au fil des ans et recherche actuellement une nouvelle structure de 2 milliards de dollars pour soutenir la croissance de la production. Le premier tranchant de 1 milliard de dollars a déjà été conclu, et un second est en préparation. ENH du Mozambique a utilisé le financement du développement pour financer ses projets gaziers. Notamment, le projet Mozambique LNG, d’une valeur de 20 milliards de dollars, attend la réapprobation d’un prêt de 4,7 milliards de dollars de la U.S. Export-Import Bank. Le projet a déjà sécurisé 3 milliards de dollars de financement de la Japan Bank for International Cooperation. Par ailleurs, les NOCs de l’Ouganda et de la Tanzanie recherchent 3 milliards de dollars supplémentaires en financement par emprunt auprès de créanciers chinois, en particulier la Export-Import Bank of China et la China Export & Credit Insurance Corporation, pour financer le East African Crude Oil Pipeline.
Une Approche Diversifiée pour Assurer l’Investissement
Ore Onagbesan, Directeur de la programmation à la African Energy Chamber, souligne :
« Les NOCs africaines déploient une gamme diversifiée de stratégies de financement pour garantir l’investissement continu dans les projets pétroliers et gaziers. De la privatisation et la vente d’actifs aux émissions obligataires, coentreprises et financement du développement, les NOCs s’adaptent aux conditions du marché tout en sécurisant le capital nécessaire pour soutenir l’exploration et la production. »
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